A Lausanne et dans sa région, le marché poursuit sa détente

En 2016, la vente de biens immobiliers sera marquée par une stabilité des prix.

Lorsqu’ils sont vendus au juste prix, et qu’ils sont à proximité des commodités, les biens immobiliers  font l’objet d’une demande soutenue. Dans un contexte marqué par la prudence des banques, la tendance est à l’acquisition de logements aux dimensions plus modestes.

Les critères de recherche changent

A Lausanne et dans les régions voisines, la demande en biens immobiliers est soutenue. Mais actuellement, la plupart des nouvelles constructions offrent avant tout des appartements en location. Et pourtant, les acquéreurs potentiels sont bien présents. «Les objets dont le prix court jusqu’à 1,2 millions de francs, ont un fort potentiel d’attraction, explique Yves Cherpillod, directeur de Cardis – Sotheby’s International Realty qui rappelle aussi le contexte favorable à l’achat, dû au seuil historiquement bas des taux d’intérêt. S’ils sont proposés à un prix jugé en adéquation avec le marché, ils trouvent preneur.»

De l’avis de cet observateur, qui connaît la région comme sa poche, les acquéreurs sont désormais moins gourmands en espace. Contraints par les restrictions bancaires, les futurs propriétaires, jeunes familles ou anciens occupants de villas, notamment, ne rechignent pas à acheter un quatre pièces de 125 mètres carrés. Quelques années auparavant, quand leur banquier était moins attentif aux charges du logement, ils se seraient plus volontiers laissés convaincre par un cinq pièces de 140 mètres carrés au minimum. Du côté de Cogestim, Pierre Aguet, administrateur du groupe, estime également que la dynamique reste bonne en 2016: «Le marché continuera à se détendre et l’offre de neuf déjà bâti  à s’amplifier». Et de préciser: «Les prix vont continuer leur descente, tant pour la location que pour la vente.» Une bonne nouvelle pour les demandeurs, que Pierre Aguet tient toutefois à pondérer: Devenir propriétaire dans la région lausannoise sera de plus en plus difficile. En effet, les petits projets de PPE seront plus compliqués à faire aboutir et ce dans un contexte de construction de grands complexes urbains qui vont clairement imposer la façon d’habiter de demain.»

Ces programmes visent la mixité sociale et la possibilité pour toutes les catégories de la population de se loger dans un habitat de qualité. Pour atteindre cet objectif, la Ville entend proposer des logements abordables et diversifiés: un tiers de logements subventionnés, un tiers de logements contrôlés et un tiers de logements du marché libre ou de PPE. Mais Pierre Aguet doute des bienfaits de la volonté politique de subventionnement des nouveaux quartiers. Elle va «clairement favoriser un certain nombre de privilégiés au détriment de la majorité». Pour Yves Cherpillod, les grands projets défendus par la Ville présentent quelque intérêt. Selon le directeur adjoint de Cardis – Sotheby’s International Realty, le choix d’un développement urbain basé sur la mixité, qu’elle soit sociale ou générationnelle, est une bonne chose pour Lausanne et ses bientôt 300’000 habitants. Mais il s’interroge cependant sur la tendance exponentielle de l’offre en logements à louer.

Le marché immobilier du luxe se tasse

Du côté du haut de gamme, Lausanne et sa région ont vu le marché se tasser de manière significative. Les biens au-dessus de 6 millions, neufs ou construits, ne trouvent plus aussi facilement preneurs. «Nous en avons vendu dix en 2015, contre trente à quarante en 2011 », note Yves Cherpillod.  Le profil de la clientèle change également. Des familles suisses, disposant de revenus confortables, mais qui n’avaient pas les moyens de s’offrir une villa ou un bel appartement, il y a cinq ans à peine, sont désormais attentifs au marché. Cette catégorie d’acquéreurs suit avec attention le marché des annonces immobilières, histoire de déceler d’éventuelles bonnes affaires avec des biens longtemps invendus et dont la valeur marchande est susceptible de baisser.

L’Ouest lausannois offre du potentiel

Dans l’Ouest lausannois, également, la donne a changé. Longtemps boudée, cette région urbaine commence à séduire. Le développement des transports publics, la présence de nombreux commerces, ainsi que la disparition progressive du paysage industriel ou artisanal, commencent à changer l’appréhension de communes telles que Crissier ou les bas de Prilly. Pierre Aguet estime aussi que «l’Ouest lausannois a d’énormes potentiels».

En ce qui concerne Cardis – Sotheby’s International Realty, cette zone représente aussi un fort capital de développement. Sur 120 appartements mis en vente par ce groupe le long de la route de Lausanne, à Prilly, 85 ont été vendus sur plan. On parle ici d’objets dont les plus chers sont des quatre pièces vendus à 1,1 million de francs. Mais à l’Est, l’humeur est plus terne. Certaines promotions, généreuses en surface, et donc trop onéreuses pour le public cible, n’ont pas porté leurs fruits. Et à Pully, par exemple, les biens neufs sont rares ou inexistants.

A l’aube de 2016, l’immobilier lausannois n’a ainsi pas la gueule de bois d’un lendemain de fête. Régulé par les banques, mais pas asphyxié, loin de là, ce marché ne verra pas ses fondamentaux bouleversés en 2016. Mais pour qui est attentif, l’agglomération lausannoise présente de belles perspectives et opportunités. Avec pour seule inconnue, les effets à venir de la Loi sur l’aménagement du territoire.